Jeudi 2 juillet 2009

Rencontre avec Jean Lenoir, créateur du Nez du VinC'est au cours d'une soirée oenologique très privée, dans un salon du Sénat, que j'ai eu la chance de rencontrer Jean Lenoir...

Si vous êtes déjà venu en stage chez Vigne & Sens, ce nom ne vous sera certainement pas inconnu... Jean Lenoir est en effet le créateur du fameux coffret "Le Nez du Vin" qui permet à tous les oenophiles, amateurs ou professionnels, d'éduquer leur odorat...

S'imagine-t-on qu'on peut trouver plus de 1000 molécules différentes dans les vins, et que dans un verre, on pourrait en détecter 300 ! Inutile d'essayer de les trouver juste avec votre nez...

Comme souvent dans les histoires de passion, cette aventure est née d'une rencontre, lorsque le peintre Henri Cueco a soufflé à Jean Lenoir l'idée de faire découvrir sa passion du vin. Né en Bourgogne, Jean Lenoir était en effet tombé dedans tout petit, si je peux m'exprimer ainsi ! C'est ainsi que commencèrent les premières initiations à la dégustation à la Maison de la Culture de Châlon sur Saône, au cours desquelles les interrogations fréquentes des amateurs de vin sur les arômes ont fini de faire germer l'idée géniale de créer un outil pour éduquer son odorat aux arômes du vin...

 

Lorsque vous écoutez Jean Lenoir évoquer son aventure, c'est en effet la passion qui parle... Et soudain, tout un monde de parfums s'ouvre devant vous... Un verre à la main, le voilà qui analyse le vin comme le font les professionnels, mais les arômes prennent ici une importance nouvelle...

 

Comment sont faits ces arômes du Nez du Vin ? Cette question revient fréquemment en stage... Je l'ai donc posée à Jean Lenoir... Avec un air un peu malicieux, il m'a soufflé dans un sourire "c'est un secret"... avant d'expliquer... Prenons par exemple l'arôme de poire. Poire et vin sont composés de plusieurs centaines de molécules, plus ou moins odorantes, plus ou moins présentes, dont certaines sont communes à l'une et à l'autre. L'une de ces molécules, l'acétate d'hexyle, se retrouve dans les deux, et est justement la molécule dominante responsable de l'arôme que nous identifions comme celui de la poire. C'est le travail du chimiste de réussir à isoler cette molécule pour que nous puissions entrainer notre odorat...


Certains arômes sont plus difficiles à isoler, tout simplement parce qu'il n'y a pas une molécule dominante mais une combinaison complexe de molécules. Dans ce cas-là, le processus est plus compliqué et Jean Lenoir fait appel à des "nez" de la parfumerie pour reproduire la sensation olfactive la plus proche. Voilà pourquoi certains arômes nous semblent très fidèles et d'autres nous semblent un peu "artificiels"...

Pourquoi ne sommes-nous pas tous égaux au jeu de reconnaissance des arômes ? Tout d'abord, parce que la mémoire est ici l'élément fondamental. Chacun avec notre histoire, notre odorat s'est développé au fil de nos souvenirs. Je me rappelle qu'il y a quelques années, je me suis arrêtée net dans un jardin. Fermant les yeux, je me suis tournée dans la direction d'où venait l'odeur responsable de ce souvenir soudain : "c'est un buisson à escargots"... Il faut que je vous explique que lorsque j'étais petite, je jouais beaucoup avec les escargots, près d'un buis... C'est cette odeur de buis qui m'était soudain revenue d'un coup avec un souvenir... Aujourd'hui, à coup sûr, j'identifie l'arôme de buis sans me tromper !

Ensuite intervient le seuil de perception de chacun. Vous avez surement fait l'expérience un jour ou l'autre : vous sentez quelque chose, agréable ou désagréable, et votre voisin ne sent rien. C'est juste que vous avez un seuil de perception très bas pour certains arômes et plus élevé pour d'autres.

Voilà qui devrait soulager les dégustateurs débutants, si frustrés lorsqu'ils ne trouvent pas un arôme. Vous avez identifié un arôme que le sommelier n'a pas cité ? Très bien, votre sensibilité à cet arôme est sans doute exacerbée grâce à un souvenir d'enfance et le sommelier n'y est pas sensible. Souvenez-vous que tout est une question de mémoire : si vous n'avez jamais senti un bourgeon de cassis, vous serez incapable de le retrouver dans le sauvignon ! Trouver un arôme même très familier quand on n'a pas l'aide de l'image peut s'avérer un exercice très difficile et frustrant, mais ce qui est rassurant, c'est de savoir qu'on peut y arriver avec un peu d'entrainement.

Et vous, quels sont vos souvenirs liés aux arômes ?


Corélie VINAULT

Par Vigne et Sens - Publié dans : Le saviez-vous ? - Communauté : Plaisirs de la bouche
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Lundi 29 juin 2009

Si vous êtes amateur de thé, voilà un livre indispensable. On y découvre la culture du thé de la Chine à la Mer du Japon, de l'Asie Centrale au Royaume-Uni...

Connaissez-vous la différence entre les différentes couleurs de thés ?

Le thé blanc est le plus naturel, celui sur lequel l'homme intervient le moins. Une fois récolté, il est étalé sur de grandes claies de bambou à l'ombre pendant 2 ou 3 jours, le temps que le contact avec l'oxygène lui donne sa délicate couleur gris-vert. Les plus beaux crus ne sont récoltés que pendant une période de 2 semaines au printemps.

Le thé vert n'est pas oxydé. Il est passé à haute température afin de détruire les enzymes responsables de l'oxydation.  En fonction de la technique employée, le thé développera des arômes différets : arômes végétaux de légumes cuits pour la fixation à la chaleur sèche selon la méthode chinoise, des notes marines et végétales pour la méthode à la chaleur humide utilisée au Japon.

 

La transformation du thé jaune commence comme celle du thé vert, la fixation se faisant sous couvert de paille. Les feuilles de thé subissent ensuite une légère fermentation avant d'être roulées délicatements en aiguilles et séchées. Cette technique donne au thé des reflets vert-jaune, et des arômes fruités et fleuris. Il n'est produit que dans la province du Hunan, en Chie, sur l'île Jun Shan du Lac Dongting.

 

Le thé rouge est l'une des productions les plus répandues. Appelé thé noir en Occident en raison ses feuilles marron foncé, les Chinois le nomment thé rouge car, une fois mouillées, les feuilles prennent une teinte fauve. C'est un thé complètement oxydé, ce qui donne un goût charpenté, une amertume moindre, des arômes plus lourds.

 

Le thé bleu-vert, ou wu long, est semi-oxydé, à mi-chemin entre le thé vert et le thé rouge. Selon le degré d'oxydation atteint, on obtiendra des thés aux arômes très différents. Wu Long signifie "dragon noir". La légende raconte qu'un planteur se promenait dans son jardin lorsqu'il vit sortir un immense serpent noir d'un théier. Pensant qu'il s'agitssait d'un signe du destin, il arracha quelques feuilles de cet arbuste, les goûta... le premier thé wu long était né... Après la phase d'oxydation, de nombreux wu long sont ensuite torréfiés, pour obtenir des notes grillées à la dégustation, très appréciées surtout en Chine.

 

Le thé noir est le seul thé de garde, qui peut se bonifier en vieillissant, et qui subit une fermentation qui pourrait se comparer à la fermentation alcoolique du vin. Comme pour le thé vert, les pousses de thé sont passées à haute température dans de grands woks, pour détruire les enzymes responsables de l'oxydation. Elles sont ensuite entreposées dans une salle à 25°C minimum, humidifées et couvertes d'un linge humide couverte de paille. C'est alors que commence la fermentation, étape essentielle pour développer le bouquet du thé. Elle dure plusieurs jours, puis le thé est séché, suivant deux techniques selon ce que l'on souhaite en faire :

- les thés noirs en vrac sont séchés plus rapidement, soit en accéléré pendant quelques heures dans des fours à 70°C, ce qui donnera des thés inaptes au vieillissement, soit naturellement pendant plusieurs jours à quelques mois, pour des thés aptes à vieillir 1 ou 2 ans ;
- les thés noirs compressés qui sont séchés beaucoup plus longtemps, pour un affinage pouvant aller jusqu'à... un siècle ! Une fois fermentées, les feuilles seront mises dans des moules, arrosées puis stockées dans des caves à l'hygrométrie élevée. C'est le séchage qui stabilisera le thé et arrêtera l'affinage.

Le vocabulaire de la dégustation du thé n'est pas très loin de celle du vin... Astringent, gras, plat, moelleux, rond, charpenté... De même, comme dans le vin, on trouve des grands crus...

Plus étonnant, des recettes sont proposées, avec des accords thé, mets et vins... A tester donc par exemple, un magret de canard laqué au thé rouge d'Inde Assam de printemps, céleri et pommes en purée, à déguster avec un Assam de printemps chaud et un Cornas... Le thé comme alternative au vin ? Pourquoi pas quand on ne peut pas boire d'alcool, mais quand même, il me semble que si le thé n'a rien à envier au vin en matière de diversité d'arômes, je ne suis pas sure qu'en bouche, on ait le même plaisir... Promis, je teste et je vous en parle après !

Je ne vous ai pas encore parlé des photos illustrant ce superbe livre... Elles sont magnifiques et vous font voyager partout où le thé est entré dans la tradition de la convivialité. Poésie, invitation au voyage, invitation à la dégustation, ce livre est un vrai bonheur pour tout savoir sur le thé...

Bonne lecture... et bonne dégustation !


Corélie VINAULT

Par Vigne et Sens - Publié dans : Livres / Textes - Communauté : Plaisirs de la bouche
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  • : Vous connaissez déjà les cours d'initiation à l'oenologie dispensés par Vigne & Sens... L'oenologie fait partir d'un art de vivre, fait de moments précieux à la découverte de lieux de charmes, de rencontres avec des gens passionnés... C'est pour tout ça que ce blog existe, pour le plaisir, pour LES plaisirs de la vie...

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